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Message du 28 août 2020

En mars 2020, un confinement strict a été imposé afin de faire barrière à la transmission du coronavirus par l'être humain. Beaucoup de personnes atteintes par le virus mouraient. Beaucoup étaient hospitalisées. Beaucoup étaient aux soins intensifs. Le personnel soignant ne parvenait pas à suivre. Les mesures radicales ont été accompagnées, progressivement, non seulement par les gestes-barrières, la distanciation physique, mais aussi par des tests et le port du masque bucco-nasal. On espérait qu'après Pâques, on pourrait reprendre la vie comme autrefois. On a dû attendre début juin pour être un peu apaisé.

Soudain, mi-juillet, les paramètres habituels se mettent à grimper. Est-on dans une nouvelle phase – initialement attendue en automne – ou une vaguelette ? Une mesure drastique – bulle de cinq – nous rappelle que le danger est toujours là. Contrairement aux autres années, peu de monde est parti en vacances. Les barbecues au jardin ont été pointés du doigt comme de futurs clusters. Quelqu'un a dit que, même dans le jardin, le virus circulait.

Finalement on se pose de nouvelles questions. Cela va durer combien de temps l'impératif de supprimer les contacts sociaux pour raison de santé publique ? Personne ne sait ce qu'il faut penser. Ce qui se passe en France et en Espagne pour le moment montre bien que personne ne maîtrise la situation.

Par conséquent peut-on raisonnablement envisager une rentrée pastorale ? On peut. Mais cela suppose qu'on ne regarde plus le réel uniquement à partir de conditions sanitaires. Est-ce permis ? Pour soi peut-être. Mais pour les autres ?

Aussi je propose ceci. Faisons confiance à ceux qui ont autorité pour gérer la santé publique. Nous-mêmes, essayons d'envisager le réel à partir d'autres critères tout aussi importants : les relations familiales, les relations sociales, l'éducation (les écoles), la vie chrétienne dans ses dimensions fondamentales comme le partage de l'Evangile, la liturgie, le service des pauvres.

On ne décide jamais seul quand il s'agit de fixer des objectifs pastoraux à court ou à long terme. N'hésitons pas à partager sur des options à prendre. Pour les enfants et les jeunes, comment les accompagner sur le chemin de la foi, de l'initiation chrétienne ? Pour les séniors, comment les aider à traverser cette épreuve ? Pour les étudiants du supérieur, comment les soutenir dans le parcours d'obstacles de tout genre pour arriver à faire avaliser les compétences acquises ? Et - c'est vraiment triste et parfois révoltant - comment aider ceux qui sont mis de côté parce qu'ils « ne servent plus à rien » ?

Quand une société traverse une épreuve qu'on ne maîtrise pas, des changements profonds arrivent dans beaucoup de domaines. Au plan psychique – les psychologues y sont attentifs et commencent à le dire -, au plan social, au plan du travail, au plan de l'économie. Je pense qu'également au plan politique, nous verrons des modifications. Au plan religieux, au plan philosophique (question du sens de la vie), des témoignages commencent à se manifester.

Certains montreront les « dangers » de ces changements. Je pense qu'envisager l'avenir avec confiance en comptant sur la sagesse de l'être humain est aussi une attitude positive. Les priants croient que l'Esprit Saint libère des esclavages et donne la liberté dans le discernement. C'est ce que je vous souhaite dans les semaines qui viennent.

+ Guy Harpigny,
Evêque de Tournai

 

  • Créé par
    Diocèse de Tournai

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